Finis, les voyages ?
Certainement pas, se dit l'intrépide Marianne Gill.
J'avais prévu ce voyage depuis très longtemps, et c'est donc très excitée que je donnai ma démission en annonçant que je partais six mois à la découverte de la Thaïlande, de l'Indonésie, du Vietnam et du Laos.
En me rendant à l'Ambassade de Thaïlande pour aller y chercher mon visa, je dus rebrousser chemin en raison d'une terrible douleur dans la jambe. Il s'avéra que je souffrais d'une thrombose veineuse profonde extensive. Suivit alors une période de deux ans durant laquelle j'étais très limitée dans mes mouvements. Il m'était impossible d'envisager un quelconque voyage, car je passais mon temps à faire des allées et venues entre mon domicile et le centre médical qui délivrait la warfarine et effectuait les tests sanguins. Lors de l'une de mes visites, j'entendis parler d'un appareil d'auto-contrôle. Je me renseignai immédiatement et fut sur le champ convaincue de son utilité. Deux mois plus tard environ, mon fameux appareil dans mon sac à dos, je partis pour un long séjour en Asie du Sud Est. J'allais enfin rattraper le temps perdu !
La première chose qui me frappa à mon arrivée à Bangkok, c'est la chaleur étouffante qui y régnait. C'est avec soulagement que j'arrivai dans les îles plus au Sud où je logeai dans des cabanes très rudimentaires qui souvent n'avaient pas l'électricité. L'un des moments forts de mon séjour là-bas fut la découverte de la jungle où je partis pour un périple de trois jours, visitant des villages reculés et allant à la rencontre des tribus qui y vivaient. Marcher par une chaleur humide aussi intense risque de sérieusement déshydrater l'organisme et peut par conséquent avoir des répercussions sur l'INR. Dans ces conditions, il est vital de boire beaucoup d'eau.
L'autre défi d'un voyage en Asie du Sud-Est est la conservation des bandelettes. Il s'agissait en effet de les garder au frais, et dans de tels cas, il faut vraiment faire appel à toute son inventivité pour trouver des solutions ! En Indonésie, je passai quatre jours sur un bateau, sans électricité, et c'est dans la glacière à bière que je conservai mes bandelettes. Au bout de deux jours environ, toute la glace avait fondu, mais il ne faut pas oublier que les bandelettes sont plus résistantes qu'on ne le croit.
J'ai préparé une petite liste des points à observer lorsque l'on envisage de partir en voyage avec un système d'auto-contrôle.
A ne pas oublier avant de partir :
Veillez à emporter avec vous une lettre de votre médecin expliquant à quoi servent votre appareil et les bandelettes.
Demandez à votre médecin si vous ne pourriez pas emporter de la vitamine K. Celle-ci pourrait s'avérer utile si votre sang devenait trop fluide.
Faites en sorte d'avoir sur vous une sorte de sac réfrigérant permettant de garder vos bandelettes réactives au frais.
Prévoyez une quantité suffisante de bandelettes. Le changement d'alimentation et la déshydratation peuvent se répercuter sur votre INR, et il est donc possible que celui-ci fluctue plus que d'habitude au cours de votre voyage à l'étranger. Buvez par conséquent de l'eau (en bouteille) en abondance.
Ayez confiance dans votre capacité à effectuer les auto-contrôles. N'oubliez pas que personne ne sait s'y prendre mieux que vous !
INReview Issue 2, Spring 2002, pages 6 and 7

