Friday, 21. of November 2008

Vivez votre vie... et adaptez la posologie de votre médicament en conséquence

Chacun d’entre nous a subi l’implantation d’une valve cardiaque mécanique, d’une seule ou de plusieurs. Ce sont de véritables petits miracles, car sans elles nous ne serions pas en vie !
Mais que font ces valves exactement ? Mis à part le fait qu’elles aient été mises en place dans le cœur, en position aortique, mitrale, pulmonaire ou tricuspide, elles font entendre un claquement, qui est quelquefois fort et quelquefois peu bruyant. La plupart d’entre nous peuvent tolérer ces claquements car ils traduisent un fonctionnement correct de la valve. En d’autres termes : s'il y a un claquement c'est que je suis vivant !

Cependant, certaines personnes ont plus de mal à tolérer ce claquement. Pour elles, c’est une source d’angoisse qu’elles maîtrisent difficilement. Et pour certaines personnes, l’angoisse est si grande qu'une aide psychiatrique leur est nécessaire.
A cela vient s’ajouter le fait que ce claquement tend parfois à nous énerver, notamment la nuit lorsque nos pensées se déchaînent, ce que nous sommes malheureusement impuissants à maîtriser. Si, en outre, nous souffrons d’arythmie cardiaque et que le claquement irrégulier nous le rappelle à notre esprit, il peut s’avérer très difficile de trouver le sommeil, car alors nous ne pouvons nous empêcher de penser à notre cœur et à notre santé et, inévitablement, à notre avenir et à celui de notre famille.

Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour notre cœur ? De quelle manière pouvons-nous agir pour préserver le bon fonctionnement du cœur et de la circulation sanguine ?
Autrefois, il était conseillé aux personnes porteuses d’une valve cardiaque mécanique de ne pas exiger trop de leur corps. De nos jours, toutefois, les recommandations qui leur sont données sont différentes. Une activité physique régulière, convenablement préparée, du type de celui qui permet de se constituer une endurance permet de renforcer le muscle cardiaque. Ce type d'activité physique doit être instauré au cours de la rééducation et poursuivi par la suite en collaboration avec le cardiologue ou le médecin traitant. Selon les résultats de vos examens semestriels ou annuels, le médecin pourra établir avec vous les efforts normalement possibles pour votre corps.
Cela dépend naturellement de votre condition physique et de l’âge que vous aviez lors de l’implantation de la prothèse valvulaire cardiaque. L’âge et la condition physique ne sont toutefois pas des raisons valables pour rester inactif.

Une longue expérience sur plusieurs années a montré que le fait d’avoir une activité physique régulière avait un effet protecteur contre la menace de maladies cardiovasculaires. Des études scientifiques américaines ont montré qu’une activité physique régulière était plus importante dans la prévention de l’athérosclérose (durcissement des artères) que la simple perte de poids.
Un conseil : prenez l’habitude de faire de l’exercice régulièrement pendant plus de quatre heures par semaine. La course, le jogging, la marche à pied à un pas rapide et la bicyclette sont des activités physiques particulièrement appropriées. Rappelez-vous cependant que votre fréquence cardiaque (pouls) ne doit pas dépasser 60 à 75 % de la valeur maximale définie pour votre âge, sauf sur de courtes durées. Le cardiologue ou le médecin traitant vous conseilleront quant à l’activité maximale qui convient dans votre cas.

Comme nous avons tous notre vie à vivre, nous voulons retarder la survenue de la maladie le plus possible et faire en sorte qu’elle ne survienne que dans les toutes « dernières » années, mois et jour de notre existence. Ceci n’est pas chose facile dans une société caractérisée à la fois par une suralimentation et par une activité physique insuffisante.
La mise en place d’une prothèse valvulaire cardiaque mécanique est un véritable « coup de semonce » et doit nous convaincre qu'il faut absolument que nous modifiions notre mode de vie et nos habitudes alimentaires.

Nous ne savons que trop bien que notre poids corporel augmente avec l’âge. Ceci est dû d’une part à une prédisposition génétique, c’est-à-dire héréditaire, et d’autre part à certains facteurs biologiques. L’hypophyse, un organe dont la taille avoisine celle d’une cerise et qui sécrète des hormones vitales comme l’hormone de croissance, joue un rôle fondamental. A partir de l’âge de 50 ans, la production de l’hormone de croissance tombe à moins du tiers de ce qu’elle était auparavant. L’organisme réagit en altérant le tissu musculaire de plus en plus et en le remplaçant par du tissu adipeux. Ce phénomène est en partie responsable de la prise de poids. Mais seulement en partie, l’augmentation du poids étant également le résultat d’une alimentation excessive et d’un manque d’exercice.

Autre conseil : modifiez vos habitudes alimentaires, préférez une alimentation riche en fibres, comprenant des céréales complètes, des légumes secs et des produits à base de soja. Utilisez des graisses végétales pour la cuisine et mangez du poisson gras ainsi que des fruits, des légumes et des salades en abondance.
Ceci n’a qu’un faible impact sur l’INR. Et si, dans un premier temps, vous constatez de petits changements, ajustez la posologie de votre médicament en conséquence. Vous vous apercevrez rapidement que même en cas de modification importante de votre alimentation vous pourrez rester dans votre fourchette thérapeutique.
La seule et unique préoccupation du porteur de prothèse valvulaire cardiaque doit être de se décider à changer son mode de vie et ses habitudes alimentaires. C’est cela qu’il vous faut prendre à cœur. Vous avez une vie à vivre et pour cela la réponse consiste à adapter la posologie de votre traitement anticoagulant.

Christian Schaefer, 40885 Ratingen (Allemagne) (2004)