Les patients porteurs d’une prothèse valvulaire cardiaque peuvent-ils subir un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM)?
L’imagerie par résonance magnétique est maintenant un élément fondamental du diagnostic non invasif de multiples pathologies, y compris les troubles cardiologiques. Pour de nombreux patients, dont ceux chez lesquels a été mise en place une prothèse valvulaire cardiaque, la question est souvent soulevée de savoir si les implants (objets en métal qui constituent des corps étrangers pour l’organisme) autorisent la réalisation d’une IRM.
Les objets métalliques peuvent être des éclats d’obus qui se sont logés dans le corps pendant la guerre par exemple ou il peut s’agir d’implants mis en place par intervention chirurgicale (pacemakers cardiaques, prothèses articulaires, prothèses valvulaires cardiaques).
Le risque réside dans le champ magnétique
Le risque posé par l’IRM est en partie dû au champ magnétique statique et en partie aux effets des variations rapides des champs magnétiques et à l’exposition à de hautes fréquences.
Le risque du champ magnétique statique provient du fait que les implants peuvent être déplacés et endommager ainsi des structures nerveuses ou des vaisseaux sanguins par exemple.
La composition des alliages de l’implant représente un facteur décisif.
Les médecins ne sont pas d’accord sur la manière dont l’exposition à de hautes fréquences et les variations rapides des champs magnétiques agissant sur les implants en métal peuvent provoquer l’échauffement excessif de certaines parties du corps.
La conductivité du métal est déterminante
En outre, les implants en métal du type des pacemakers cardiaques peuvent agir comme autant d’antennes supplémentaires et viennent s’ajouter à l’antenne hautes fréquences de l’appareil d’IRM.
Les turbulences qui surviennent alors dans l’implant sont susceptibles d’entraîner un dépôt de chaleur. La conductivité du métal constitue un élément déterminant. La chaleur produite est transmise jusqu’au tissu environnant si bien que, dans le pire des cas, une brûlure du tissu au voisinage de l’implant est possible.
Incertitude parmi les médecins et les patients
Le risque théorique représenté par l’IRM pour les patients porteurs d’implant, comme décrit plus haut, a souvent rendu les médecins et les patients si méfiants que l’examen n'a pas été pratiqué.
Aucun effet indésirable sur les valves cardiaques mécaniques
La même constatation s’applique aux patients ayant subi une intervention chirurgicale pour mise en place d’une prothèse valvulaire cardiaque et qui sont par conséquent porteurs de valves cardiaques mécaniques et de fils métalliques autour du sternum. Des expériences approfondies ont montré que les patients étaient indemnes d’effet indésirable dû à un échauffement de la prothèse valvulaire cardiaque ou à des forces magnétiques.
Plusieurs publications scientifiques concernant les effets des champs magnétiques et les ondes radio de haute fréquence sur diverses valves cardiaques mécaniques (voir tableau) ont conclu que les valves cardiaques mécaniques citées n’avaient pas posé de problème et étaient restées sans danger pour les patients porteurs d’une prothèse valvulaire cardiaque chez lesquels l’étude avait été menée.
Entre temps, de nombreux patients porteurs d’une prothèse valvulaire cardiaque compatible avec la réalisation d’une IRM ont subi cet examen à travers le monde. A ce jour, il n’a été signalé aucune complication grave.
A noter, cependant...
Le médecin prescrivant une IRM et celui pratiquant l’examen doivent s’assurer que la prothèse valvulaire cardiaque implantée est correctement en place chez le patient préalablement à l’examen.
La force magnétique susceptible de faire dévier la valve cardiaque mécanique est minime comparativement aux forces générées lorsque le muscle cardiaque se contracte, mais même la faible force générée par le champ magnétique peut s'avérer être la « goutte d’eau qui fait déborder le vase » en déplaçant une valve ne tenant que par un fil. Il s’agit là d’une considération purement théorique.
L’échocardiographie comme technique exploratoire
Les patients dont l’hémodynamique (facteurs affectant le flux sanguin dans un vaisseau, hypertension par exemple) est très mauvaise et chez lesquels est soupçonnée une atteinte valvulaire sévère doivent subir une échocardiographie avant toute réalisation d’une IRM.
Attention aux prothèses valvulaires cardiaques fabriquées avant 1969 !
Les patients porteurs d’une valve cardiaque mécanique n’ayant pas fait l’objet de tests quant à sa compatibilité avec la réalisation d'une IRM (fabriquée avant 1969) ne doivent pas subir d’examen par IRM. La prudence est également de mise lorsqu’il s’agit d’effectuer une IRM chez des patients qui viennent de subir une intervention chirurgicale et chez lesquels des clips vasculaires n’utilisant pas d’alliage de titane/tantale ont été implantés. De plus, la présence de fragments de métal non spécifiques dans le corps à proximité d’organes vitaux interdit toute IRM chez le patient concerné pour des raisons de sécurité. (RK/G.N.)
Qu’est que l’imagerie par résonance magnétique ?
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique d’imagerie assistée par ordinateur. Un champ magnétique puissant agit sur le corps et les ondes électromagnétiques émises par le corps suite à une exposition à une source extérieure sont enregistrées. Ces ondes sont converties en images très précises et permettent ainsi au médecin de déceler tout signe précoce de tumeurs, etc.
PD Dr. med. Heinrich Koertke, Heart- and Diabetes-Center NRW, Gorgstr. 11, 32545 Bad Oeynhausen (Allemagne) (2004)
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